L’Eglise ensemble

Editorial de Romy Legrand dans le bulletin d'automne

J’espère que vous avez passé un bel été, qu’il vous a permis de souffler, de vous retrouver, de vivre de beaux moments. Et surtout, j’espère que vous allez bien. Mon été, lui, a été bouleversé par l’accompagnement de mon père dans les derniers moments de sa vie. Ma famille et moi sommes aujourd’hui en deuil. Cette épreuve explique mon absence lors des deux premiers cultes de septembre. Même loin du temple, je pensais à vous et à notre communauté qui reprenait son chemin.

 

Dans les moments où la vie nous bouscule, la foi ne fait pas disparaître le chagrin. Mais elle peut devenir cette colonne vertébrale intérieure qui nous aide à tenir debout quand tout vacille. Je pense à cette parole de Jésus aux disciples de Jean Baptiste : « Les aveugles voient, les boiteux marchent, les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. » (Mt 11, 4-5). L’aveugle est parfois celui qui ne voit plus clair dans sa vie. Le sourd, celui qui n’arrive plus à entendre ce qui se dit en lui ou autour de lui. Le boiteux, celui qui ne sait plus comment avancer. Et le mort, celui qui est à terre, sans force. À chacun, chacune, l’Évangile vient dire une parole qui ne nie pas ce qui est difficile, mais qui ouvre un chemin au cœur même de ce qui nous atteint. Cela nous rappelle que notre vie ne se réduit ni à nos blessures, ni à nos pertes. Elle peut encore recevoir une force nouvelle par l’Esprit de consolation. On peut penser que consoler consiste à ne pas laisser quelqu’un seul avec sa peine. L’étymologie du mot est plus complexe mais j’aime cette manière de l’entendre. Si certaines peines ne peuvent pas être supprimées, elles ont néanmoins besoin d’être portées avec. Une présence, une écoute, une prière, un repas partagé, une main tendue peuvent devenir de vrais gestes d’Evangile. C’est aussi cela, une église : être là, se réjouir ensemble, porter ensemble, traverser ensemble. Faire en sorte que personne n’ait à traverser seul ces moments de vie.

 

Et c’est aussi cela que nous avons à transmettre : une parole qui aide à regarder autrement, à écouter autrement, à vivre autrement. Je crois profondément que notre foi protestante nous invite à accueillir toute Parole avec notre intelligence, notre liberté et notre propre histoire. Elle ne nous demande pas de tout comprendre ou de tout maîtriser. Elle nous invite à faire confiance, à chercher, questionner, recevoir, partager cette foi qui nous rend plus libres, plus vivants, plus attentifs les uns aux autres.

 

Alors, en cette rentrée, je nous souhaite une belle année en église : une église qui accompagne les passages de la vie, les joies comme les fragilités, les commencements comme les recommencements. Une église où les générations peuvent se transmettre ce qui les fait vivre. Une année pour avancer, chacun à son rythme, mais jamais tout à fait seul.

 

Bonne rentrée à tous et à toutes, dans la joie (et la consolation) de vous retrouver au culte de rentrée le dimanche 20 septembre à 10h30 !

 

 

Romy Legrand, pasteure

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